La vie à l'arrière et l'engagement des femmes

   La population dite "à l’arrière", comporte tous ceux qui, tant militaires que civils, dans la guerre, ne prennent pas part aux opérations, il s’agit donc aussi bien des femmes, des vieillards, des enfants, des hommes politiques, etc… On oppose "l’arrière" au "front" sur lequel les combats ont lieu.

A) La mobilisation de l'économie : 

UN PAYS SOUDE FACE A LA GUERRE : 

      Durant la guerre, toutes les forces politiques se rallient et forment l’Union sacrée, union de toutes les forces politiques françaises dans le combat contre l’Allemagne.

   Cependant, la guerre atteint fortement l’économie du pays. Les régions du nord (très industrialisées) subissent les effets destructeurs des combats. Une grande partie de la main d’œuvre a été enrôlée dans l’armée, la production industrielle est donc plus faible, des pénuries apparaissent.

   Pour combler ce « trou » dans l’économie, l’état mets en place une politique dirigiste, politique dans laquelle l’état joue un rôle important au niveau des décisions économiques. Dans les usines d’armement, nécessaires pour équiper l’armée, l’état fait appel à la main d’œuvre féminine et aux habitants des colonies (certains ouvriers sont même rappelés du front).

  

Toutes les usines s'unissent dans l'effort de la guerre afin d'être le plus productif possible pour répondre aux besoins en artillerie de l'armée. Cette union est confirmée par cette affiche de citroën : citroën unit ses usines des pays de la Triple Alliance.

   De plus l’Etat emprunte de l’argent aux citoyens afin de financer les coûts de la guerre.

 

   Cette affiche a été publiée durant la première guerre mondiale, elle montre un soldat qui s'adresse directement aux gens et leur demande d'acheter ces obligations et de contribuer ainsi à l'effort de guerre. Les civils à l'arrière doivent faire face à une forme de propagande qui les incite à financer la guerre ou plutôt la "Victoire" de la guerre.

 La mobilisation financière de l'Etat constitue également à recueillir l'or des familles par le biais des enfants à l'école. Les instituteurs mobilisent l'esprit des enfants pour qu'ils persuadent leurs parents à donner de l'argent à l'Etat. 

   La mobilisation financière est donc possible grâce à une propagande et un "bourrage de crâne" chez les civils au travail et à l'école. 

LES FRANCAISES DANS LA GUERRE :  

   Avec la guerre, le quotidien des françaises est fortement bouleversé. Après le départ au front des hommes, elles vivent dans la peur de perdre un être qui leur est cher (époux, fils, père…). Elles sont confrontées à des difficultés matérielles et doivent s’impliquer dans la vie économique en accomplissant certaines tâches, autrefois réservées aux hommes. Des tâches parfois difficiles que les hommes ont été contraints d’abandonner (moisson, vendanges, travaux des champs…). Elles doivent maintenir l’activité des campagnes, terminer les récoltes et préparer les récoltes à venir. La majorité des femmes devaient donc « remplacer » les hommes tout en continuant d’entretenir leur foyer : on les surnomme alors les mutionettes.

Femmes travaillant au champs

  Cependant, d’autres devenaient infirmières, au front, et à l’arrière afin de subvenir aux besoins des blessés de la guerre.

Femme au front

Les femmes dans la Grande Guerre

 

B) La mobilisation des esprits :

    Cette population est peu au courant de ce qui se passe sur le front, le gouvernement contrôle les esprits, il a pour cela recours à la censure, au "bourrage de crâne" et à la propagande mensongère qui diffusent un message optimiste de la guerre. Ceci dans le but d’éviter découragement et crise morale. Cette propagande omniprésente, à laquelle ils sont en permanence soumis, entretient leur patriotisme. La propagande n’hésite pas à soutenir que « les balles allemandes ne tuent pas… » ou que des soldats attendent « l’heure de la ruée » comme on attendrait une fête.

   Par exemple, dans cette carte postale, on remarque « l’embrigadement » des esprits des jeunes enfants et l’image de la guerre que véhicule la propagande. On voit l’enfant habillé tel un soldat, le regard haut, prêt à défendre sa patrie. Sa mère pose un regard fier sur son enfant. A l’arrière plan, on voit un soldat tenant un journal, ce qui donne l’impression que la guerre est « facile », que les soldats ont du temps libre. Ainsi, les enfants, dès leur plus jeune âge, sont inculpés au patriotisme et préparés à devenir un soldat, comme leur père, protégeant ainsi la patrie et sa famille.

 

  Ce "bourrage de crâne" est également notable dans la rédaction de cet écolier : les enfants grandissent dans la haine de l'Allemand qui attaque leur nation, la France. Cette rédaction relate de tous les faits dont sont inculpés les Allemands par les Français, faits qui nourissent la haine des futurs soldats : vols, assassinats, attaques des plus faibles (femmes, enfants, vieillards), couardise, mensonge ... On remarque que l'enfant associe la mort de son père à un crime commis par les Allemands.

   Finalement, la société est plongée dans une culture de guerre de violence inouïe, dominée par le "bourrage de crâne", la censure et la diffusion de fausses nouvelles. Il s'agit alors de travestir la réalité pour assurer la mobilisation de toutes les énergies.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site