Introduction

CONTEXTE EN EUROPE :

   En ce début de siècle, l’Europe domine le monde, regroupant 450 millions d’habitants soit ¼ de la population de la planète. Les puissances européennes se sont constituées de vastes empires coloniaux en particulier en Afrique et en Asie. La révolution industrielle est en marche, et de l'Europe proviennent toutes les nouveautés qui permettent d'asseoir la puissance économique au reste du monde.

   Toutefois, la carte politique de l’Europe est divisée. En effet, en 1914, le Royaume- Uni, la France ainsi que la Russie forment la Triple Entente tandis que l’Allemagne, l’Italie et l’Autriche-Hongrie fondent la Triple Alliance. La prééminence de l’Europe est minée par diverses tensions entre les pays européens :

  • La France veut récupérer l’Alsace Lorraine, qu’elle a cédée à l’Allemagne suite à la guerre de 1870.
  • L’Angleterre est concurrencée par la puissance économique de l’Allemagne.
  • Les puissances européennes, notamment la France et l’Allemagne, se disputent des territoires à coloniser.
  • L’empire Austro-hongrois est constitué de minorités nationales qui veulent leurs indépendances suite aux guerres balkaniques (1912-1913) et aux crises marocaines de 1905-1906 (Discours de Tanger et Conférence d’Algésiras) et de 1911 (Agadir). L’impérialisme, mis en place par Guillaume II, est donc exacerbé par les nationalismes, ce qui avive des tensions.
  • Les Etats Européens, plus particulièrement le Royaume-Uni et l’Allemagne dans le domaine naval, se lancent dans une véritable course aux armements visant à augmenter leurs puissances militaires : ils sont à la recherche d’armes plus performantes et en plus grand nombre.

   De plus, les régimes politiques européens sont également très divers : tandis que les libertés progressent dans les vieux Etats-nations de l’Europe de l’Ouest, les pays de l’Est demeurent des Etats de régime autoritaire : les libertés fondamentales n’y sont pas respectées. Certains empires autoritaires s’engagent cependant dans la voie de réformes tempérant alors leur régime.

   Ces crises politiques et diplomatiques ainsi que la création des deux systèmes d’alliances concurrents sont finalement de véritables appels à la guerre.

Régimes et Alliances politiques en Europe à la veille de la première Guerre Mondiale :

 

CONTEXTE EN FRANCE :

   Malgré plusieurs crises politiques (crise de Boulanger, 1886-1889 ; scandale des décorations, 1887 ; scandale de Panama, 1892 ; affaire Dreyfus, 1894-1906), la France est un pays largement uni autour de la République en 1914, régime libéral contesté seulement par la droite monarchiste et l’extrême gauche. La France est alors la deuxième puissance coloniale de l’Europe, derrière les britanniques : elle est présente en Extrême-Orient, en Afrique équatoriale, à Madagascar et en Afrique du Nord. Aux yeux des républicains de l’époque, en effet, cette colonisation est bénéfique pour les populations des territoires conquis. Seuls les anarchistes et quelques socialistes s’élèvent contre la politique coloniale de la France.

La France en 1914 : un empire colonial.

 

REACTION DES FRANÇAIS FACE A LA MOBILISATION GENERALE :

   Suite à la « la rupture diplomatique […] entre l’Autriche et la Serbie », Jean Jaurès, chef du parti socialiste favorable à la paix, alarme la population du danger de la guerre qui s’annonce, dès le 25 juillet 1914 à Lyon-Vaise lors de son ultime discours avant son assassinat. Ce discours, adressé à tous les citoyens français et européens, dénonce, entre autres, les responsabilités de « la politique coloniale de la France, la politique sournoise de la Russie et la volonté brutale de l’Autriche » dans la guerre qui s’annonce. Pour éviter  ce «  massacre », cette « barbarie », il appelle donc l’ensemble des socialistes européens, le prolétariat européen à s’unir pour « la paix » et contre la guerre. Le parti socialiste est alors profondément opposé à guerre avant la mort du pacifiste Jean Jaurès.

  Du fait de discours de nombreux pacifistes comme Jean Jaurès, le gouvernement craignait que les français ne répondent pas à la mobilisation générale : il mit alors en place un « bourrage de crâne » et arrêta de nombreux pacifistes.

   Le 1er août 1914, jour de mobilisation générale, les français ont donc eu des réactions différentes, réactions que nous présente Tardi dans sa planche de BD « C’était la guerre des tranchées » :

  • Certains français, comme le narrateur de cette planche de BD, voient le monde « s’écrouler » autour d’eux lorsqu’ils sont appelés à la guerre, le « plus grand fléau crée par l’être humain à son propre usage ».
  • Pour d’autres, la mobilisation générale provoque de la joie et de la haine : la joie d’une partie de campagne prometteuse où on aurait « le droit de tuer en toute impunité » et la haine de l’Allemand.

   Finalement, malgré les craintes du gouvernement, la mobilisation s’effectue sans difficulté. « La tristesse qui était au fond de tous les cœurs ne s’étalaient pas […] Les hommes pour la plupart n’étaient pas gais ; ils étaient résolus, ce qui vaut mieux », constate l’historien March Bloch (1886-1944) dans Ecrits de guerre 1914-1918, (Armand Colin, 1977).

   De même, toutes les forces politiques se rallient à la guerre, même les socialistes qui, avant 1914, condamnaient la guerre. Ils approuvent la politique d’Union sacrée évoquée par le président de la République Raymond Poincaré dès le 4 août. Deux socialistes entrent au gouvernement : comme tous les autres, leur parti entend faire taire son opposition politique durant le conflit.

   Les français ne font donc, « par docilité » que leur devoir de citoyen, devoir patriotique que leur a inculpé l’école : le patriotisme l’emporte alors sur le pacifisme. Il est vrai que tous sont persuadés que la guerre sera courte et facile. Personne n’imaginait encore qu’elle va durer plus de quatre ans et que huit millions d’hommes seront mobilisés.

Nota benne : Union sacrée : utilisé par le Président Poincaré en 1914 pour désigner la suspension des querelles de partis et le rassemblement de toutes les forces politiques derrière le gouvernement. Ainsi, tous les députés, bien décidés à soutenir la politique de défense nationale, votent les crédits de guerre.

Carte postale de 1916 à propose de l'Union Sacrée

PROBLEMATIQUE : En quoi peut-on qualifier le conflit 14-18 d'une guerre totale? Quel en est le bilan?

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